Aspartame, saccharine, cyclamate, sucralose… des jolis petits noms que l’on trouve dans la liste d’ingrédients de pas mal de produits industriels. Ce sont des édulcorants artificiels, c’est-à-dire des substances créés par l’homme et non pas par la nature. On les appelle aussi “édulcorants de synthèse” ou “chimiques”.  

Utilisés pour sucrer boissons, bonbons ou encore biscuits à la place du sucre blanc lui-même, on peut aussi les trouver en vente libre en magasin ou sur internet, sous forme de poudre ou en sucrettes. Il en existe différentes sortes, mais aujourd’hui on va se focaliser sur les quatre mentionnés plus haut (qui sont sûrement les plus connus et les plus utilisés).

Les édulcorants artificiels ont la réputation d’aider à maigrir, ou plutôt d’éviter de grossir. Mais qu’en est-il vraiment ? Sont-ils de bonnes alternatives au sucre blanc ? Côté santé, sont-ils bons ou mauvais ? Ce sont les questions auxquelles nos experts vont répondre aujourd’hui. 

Avant de rentrer dans le vif du sujet, sachez que cet article est le 5ème d’une série de 6 sur les alternatives au sucre blanc. Pour voir les articles précédents et découvrir les autres alternatives, cliquez ci-dessous :

Les organisations de la santé disent que les édulcorants artificiels ne sont (peut-être) pas dangereux

Ces édulcorants artificiels sont autorisés sur le marché car ils ne seraient pas nocifs pour la santé. La FDA affirme que selon les études scientifiques et résultats obtenus jusqu’ici, ils sont sans risque pour la santé. (1) (Seul le cyclamate n’est pas approuvé par la FDA et banni aux US, mais il est autorisé en Europe). 

Cependant, les scientifiques ont quand même relevés quelques problèmes dont certains assez graves. On parle (entre autres) de prise de poids, de cancers, de dommages cérébraux, de diabète ou encore de maladies cardiovasculaires.

Mais alors pourquoi sont-ils autorisés s’il y a des risques ? Parce que :

  1. 1) les scientifiques disent ne pas être encore certains de leurs dangers : les organisations comme la FDA (1), l’EFSA (2) ou l’ANSES (3) affirment toutes que les preuves sont insuffisantes pour le confirmer
  2. 2) beaucoup de tests ont été faits sur des rats ou des souris, et les résultats obtenus ne sont pas applicables aux hommes (selon eux)
  3. 3) les tests ont parfois été faits à partir de doses élevées, ce qui ne reflète pas la réalité
  4. 4) ils sont considérés sans danger mais à une condition : si on ne dépasse pas la dose journalière fixée* pour chacun

*Souvent, quand les organisations autorisent un additif à la consommation, elles fixent une DJA (Dose Journalière Admissible), ce qui permet d’assurer une marge de sécurité. Au-dessus de cette dose, il se pourrait qu’il ne soit pas sans danger.

L’ANSES affirme qu’effectivement, à l’heure actuelle, les données obtenues ne permettent pas de tirer le signal d’alarme sur les risques des édulcorants artificiels, notamment pour le diabète et le cancer. Attention cependant, ça ne veut pas dire qu’on peut en consommer à tire-larigot, ajoute-t-elle. Il faut faire d’autres tests, continuer à examiner les effets d’une consommation régulière et sur le long terme. De plus, elle précise qu’aucun bénéfice sur le poids ni sur le contrôle de la glycémie n’a été observé, ce qui fait qu’ils ne sont pas non plus recommandables. (3)

La NCBI confirme que des études montrent que les édulcorants artificiels n’aideraient finalement pas à perdre du poids ni à le maintenir. Au contraire, ils pourraient même être liés à la prise de poids ! Comme elle le fait remarquer, le taux d’obésité (aux États-Unis particulièrement) a augmenté en même temps que la consommation d’édulcorants artificiels. N’étaient-ils pas censés faire l’effet inverse ? (4)

L’Inserm, quant à elle, a mené une étude sur les boissons “lights” ou “zéro sucre”. Dans ces boissons on remplace le sucre par des édulcorants artificiels (souvent de l’aspartame). Pour le moment les résultats ont bien montrés une corrélation entre la consommation de ce type de boissons et le risque de diabète, égal ou plus élevé que celui lié aux boissons à base de sucre. Mais pareil, elle dit qu’il est important de continuer les études pour en être certain. (5) Voir la vidéo ici. 

Les experts de la santé et de la nutrition disent que les édulcorants artificiels ne sont (peut-être) pas dangereux… mais il faut quand même les éviter

Malgré le feu vert par les organisations officielles des édulcorants artificiels sur le marché et à la consommation, la plupart des professionnels de la santé et de la nutrition sont contre.

Selon le Dr Lustig, les édulcorants artificiels semblent être une alternative idéale parce qu’ils ne contiennent pas de fructose (le mauvais sucre) comme le sucre blanc. Mais, il ajoute qu’au jour d’aujourd’hui les données sont encore difficiles à interpréter. Il préfère donc ne pas épiloguer sur le sujet. Il remarque tout de même que malgré la consommation de plus en plus élevée des édulcorants, on ne voit personne maigrir. Alors seraient-ils vraiment si idéals ? (6)

Le naturopathe Vasey conseille, évidemment, de ne pas les utiliser ni d’acheter des produits en contenant, tout du moins le moins possible. Ce ne sont pas des molécules créées par la nature, dit-il, donc notre corps ne sait pas travailler avec. (7)

Aux doses journalières fixées, ils n’auraient pas d’effets négatifs. OK. Mais comme le fait remarquer le professeur Joyeux, on retrouve ces substances dans tellement de produits industriels qu’il est difficile de contrôler sa consommation et de savoir quelle quantité on ingurgite. Et puis, il ajoute que les risques ne sont quand même pas négligeables. Il vaut mieux être vigilant et les éviter le plus souvent possible. (8)

Selon Perlemuter, comme pour la Stévia ou les polyols, les tests effectués sur les édulcorants artificiels n’ont pas pris en compte le microbiote intestinal (anciennement flore intestinale). Ce qui pour lui est une erreur car il a été prouvé qu’ils entraînent une dysbiose (déséquilibre du microbiote). Et une dysbiose peut entraîner une intolérance au glucose, qui peut entraîner à son tour le diabète ou des maladies cardiovasculaires. (9) Ce que confirme la NCBI. (10)

De toute façon, dit Montignac, tous les édulcorants (mêmes naturels) sont à éviter. On ne se débarrasse pas de notre dépendance au sucre en le remplaçant par des édulcorants. Au contraire, on ne fait qu’entretenir notre goût et amour pour le sucré. (11)

Pour le Dr Weeks, ils sont même pires que le sucre ! Consommés en excès, leurs impacts sur le cerveau peuvent être très graves. (12)

Jonny Bowden conseille également de les bannir totalement de notre alimentation et d’opter plutôt pour des alternatives naturelles (si besoin) mais sans en abuser. (13)

Et enfin, ironiquement, le Dr Hyman dit que si on veut ralentir son métabolisme, prendre du poids ou devenir accro au goût sucré, alors les édulcorants artificiels sont faits pour nous ! (14)

Les dangers possibles de chacun des édulcorants artificiels

C’est sans doute le plus connu. On trouve l’aspartame dans beaucoup de boissons gazeuses dites “lights” ou “zéro sucre” mais aussi en poudre ou sucrettes souvent sous la marque Canderel en France et Equal aux États-Unis. C’est un édulcorant qui a un pouvoir 180 à 200 fois plus sucrant que le sucre. La dose fixée pour l’aspartame est de 40mg par poids de corps. L’EFSA ou la FDA l’autorisent parce que, selon elles, si on respecte cette dose journalière, on n’est pas exposé à ces risques. Pourtant, les résultats obtenus jusqu’ici font un peu peur…

Les dangers potentiels de l’aspartame :
  • impacts sur le cerveau : maux de tête, migraines, modifications de l’humeur, insomnies, lésions, tumeurs… (bien que ces troubles ne soient pas seulement liés à l’aspartame)
  • problèmes digestifs : ballonnements et diarrhée
  • arthrose
  • sclérose en plaques
  • maladie de Parkinson
  • syndrome de fatigue chronique
  • leucémie et lymphomes
  • déséquilibre du microbiote intestinal (dysbiose)
  • élévation excessive de la glycémie (comme le sucre qui peut entraîner une hypoglycémie réactionnelle, une résistance à l’insuline, puis un diabète et une prise de poids

Pour beaucoup de professionnels de la santé, même si la dose journalière protège l’aspartame, (15) seul l’avenir pourra nous dire s’il est toxique ou pas. En attendant des résultats concrets, ils conseillent tous d’y faire attention et de prendre nos précautions.

Par contre, une chose est certaine : les personnes souffrant de phénylcétonurie (qui est une maladie génétique rare) ne peuvent pas en consommer, car l’aspartame contient de la phénylalanine que ces personnes ont du mal à métaboliser.

La saccharine est un édulcorant qu’on trouve dans certaines friandises et boissons. Aux États-Unis on la trouve en poudre sous la marque Sweet’n Low. En France, elle peut s’acheter en pharmacie ou sur internet. Elle a un pouvoir 200 voire 300 fois plus sucrant que le sucre blanc. Mais dû à son arrière-goût prononcé, elle est souvent mélangée à l’aspartame ou au cyclamate. La dose journalière recommandée pour la saccharine est de 5mg par poids de corps.

Le cyclamate a un pouvoir sucrant jusqu’à 50 fois plus fort que le sucre. On peut le trouver également dans certaines boissons, confitures ou biscuits, accompagné de saccharine ou d’aspartame. La dose journalière recommandée est de 7mg par poids de corps.

Comme la plupart des édulcorants artificiels, doutes et rumeurs courent sur l’innocuité de ces deux là.

Les dangers potentiels de la saccharine  :
  • risque de cancer de la vessie
  • risque de cancer des ganglions
  • déséquilibre du microbiote intestinal (dysbiose) (16)

Certains disent que ces risques sont élevés que lorsqu’on consomme de la saccharine en grande quantité. Si consommée en petite quantité et occasionnellement, la saccharine n’aurait pas de réel impact ou effet néfaste sur la santé, dit le Professeur Joyeux. Mais sa présence dans plusieurs produits industriels fait que notre consommation peut vite augmenter.

Les dangers potentiels du cyclamate :
  • anomalies chez l’embryon

De ce fait, l’utilisation et la consommation de cyclamate est totalement déconseillé aux femmes enceintes.

De plus, il faut savoir que le mélange saccharine-cyclamate ne ferait pas bon ménage. Il augmenterait les risques de cancer de la vessie. Mais les preuves restent encore insuffisantes pour le confirmer.

Le sucralose est un édulcorant assez récent. Il a un pouvoir sucrant 600 fois plus fort que celui du sucre blanc. On le trouve en poudre ou en sucrettes sous la marque Canderel en France et Splenda aux États-Unis. Mais il se cache aussi dans quelques uns de nos produits industriels. La dose journalière recommandée est de 15mg par poids de corps.

Le sucralose ne fait pas encore trop parler de lui. Pour le moment, il semble sans danger. Ou tout du moins il semble être l’édulcorant artificiel le moins dangereux. Mais, évidemment, rien n’est sûr.

Les dangers potentiels du sucralose :
  • résistance à l’insuline et développement de pré-diabète
  • dommages à l’ADN
  • dommages au cerveau

Même si en 2017 la NCBI affirme que le sucralose n’est pas dangereux, notamment en terme de cancérogénicité, (17) de récentes études ont bien montrées qu’il pouvait affecter notre sensibilité à l’insuline et notre ADN. (18) 

Conclusion, ce qu’il faut retenir

Les édulcorants artificiels, une alternative idéale au sucre blanc ? Finalement, pas vraiment ! Ils sont peut-être autorisés à la consommation par les organisations de la santé, mais la plupart des experts de la santé et de la nutrition nous recommandent de les éviter. Les dangers potentiels qu’ils présentent sur la santé ne sont pas des moindres et en plus, ils n’offriraient aucun bénéfice sur le poids, contrairement à ce qu’on nous a longtemps fait penser.

À ce jour, tous affirment que nous n’avons pas assez de recul et de résultats concrets pour confirmer de leurs dangers. Seul l’avenir pourra nous le dire. Comme Gillespie le fait remarquer, les scientifiques ont mis 200 ans avant de questionner les effets du sucre sur la santé. Les édulcorants artificiels sont sur le marché depuis environ 100 ans. On a donc encore une bonne marge devant nous (une centaine d’années) afin d’être certains du sort des édulcorants de synthèse ! (19)

C’est pour ça qu’organisations et experts sont tous d’accord sur un point : les études sur ces substances doivent continuer.

Mon conseil

Je pense que vu tout ce qu’on en dit, même si n’est rien n’est encore confirmé, il faut faire attention. En plus, commentaire à part, il ne faut pas oublier qu’il y a des enjeux financiers derrière tout ça et que certaines entreprises productrices de ces édulcorants financent parfois les scientifiques pour leurs recherches…

Suivez donc les recommandations des experts : consommez le moins d’édulcorants artificiels possibles et achetez le moins de produits en contenant.

Comme le rappelle l’ANSES, souvenez-vous que l’important ce n’est pas de trouver un remplaçant au sucre blanc mais bien de se défaire du goût sucré pour supprimer sa dépendance. Donc réduisez votre consommation sucrée et ne remplacez pas systématiquement le sucre blanc par des édulcorants, quels qu’ils soient (surtout non naturels). 

Sources

NB : Les pages rédigées en anglais (sauf documents pdf) peuvent être traduites en faisant clic droit, traduire en français.

(1) FDA questions-réponses sur les édulcorants artificiels, 2014 (en anglais) ➜  https://www.fda.gov/food/ingredientspackaginglabeling/foodadditivesingredients/ucm397716.htm et présentation de 6 édulcorants artificiels et leur approbation, 2018 (en anglais) ➜ https://www.fda.gov/Food/IngredientsPackagingLabeling/FoodAdditivesIngredients/ucm397725.htm#Saccharin

(2) EFSA sur les édulcorants artificiels, 2011 (en français) http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/ans110228

(3) L’ANSES sur les édulcorants, 2018 (en français) ➜ https://www.anses.fr/fr/content/les-%C3%A9dulcorants-intensesévaluation des bénéfices et des risques nutritionnels des édulcorants intenses, 2015 (en français) ➜  https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2011sa0161Ra.pdf

(4) La NCBI : les édulcorants artificiels et la prise de poids, 2010 (en anglais) ➜ https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2892765/

(5) Inserm : les boissons “lights” associées à une augmentation du risque de diabète de type 2, 2013 (en français) ➜ https://presse.inserm.fr/les-boissons-light-associees-a-une-augmentation-du-risque-de-diabete-de-type-2/6541/

(6) Dr Robert Lustig, Sucre, l’amère vérité

(7) Christopher Vasey, naturopathe, Sucre et Santé

(8) Professeur Henri Joyeux, Changez d’alimentation

(9) Gabriel Perlemuter, Anne-Marie Cassard, Les bactéries, des amies qui vous veulent du bien

(10) NCBI : effets non intentionnels des édulcorants artificiels sur le microbiote intestinal, 2015 (en anglais) ➜ https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4494042/

(11) Michel Montignac, La méthode Montignac 

(12) Dr Weeks sur les édulcorants et l’aspartame http://weeksmd.com/2007/12/aspertame-nothin-but-nasty/

(13) Jonny Bowden sur les édulcorants artificiels ➜ http://jonnybowden.com/sweeteners-the-good-the-bad-and-the-truly-disgusting/

(14) Dr Hyman : pourquoi vous devez oublier les édulcorants artificiels (en anglais) ➜ http://drhyman.com/blog/2015/12/02/why-you-should-ditch-artificial-sweeteners/

(15) EFSA rapport sur l’aspartame : description, dose journalière, innocuité, dangers (en français) ➜ http://www.efsa.europa.eu/sites/default/files/corporate_publications/files/factsheetaspartame-fr.pdf

(16) NCBI la saccharine pourrait modifier le microbiote intestinal, 2017 (en anglais) ➜ https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5647777/

(17) NCBI sur le sucralose, 2017 (en anglais) ➜ https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28558975 et rapport Sciencedirect sur le sucralose, 2017 (en anglais) ➜ https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278691517302818?via%3Dihub

(18) Science Direct rapport sur les édulcorants avec tableau de leurs effets secondaires possibles (dont le sucralose), 2018 (en anglais) ➜  https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0019483218300142?via=ihub#bib0015

(19) David Gillespie, Eat Real Food et Sweet Poison 

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